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Théâtre Max Jacob
DIMANCHE 11 AOÛT • 19h

"Parlami"


ODEIA
NOUVEL ALBUM 2019
"Parlami"

Elsa BIRGE, chant
Lucien ALFONSO, violon
Karsten HOCHAPFEL, violoncelle & guitares
Pierre - Yves LEJEUNE, contrebasse


Comme l'aurait dit Magritte, ceci n'est pas de la musique du Monde. Le Monde, Odeia s'en nourrit, plante ses rhizomes où le soleil porte et en fait un substrat ; la Terre n'a jamais si bien porté son nom ! Comme Robert Wyatt qui, charmé par la reprise d'« Alifib » a offert à l'orchestre « Venti Latir », les chansons d'Odeia se rient des frontières et se réclament cosmopolites. Sous la bannière de Parlami, le second album du quartet, on peut très bien accoster sur les rives des Balkans grecs, chérir l'Italie du Sud et délaisser la lecture strictement traditionnelle, loin cependant d'une World Music qui nivellerait tout. De la guitare de Karsten Hochapfel (Naïssam Jalal, Morgen Naughties...) à la contrebasse de Pierre-Yves Le Jeune (Le Petit Bal de Poche, Rue de Tanger), Odeia s'incarne, hors des styles, des langues ou des musiques ; loin aussi des inventions factices d'on-ne-sait quel volapük. Avec le violon de Lucien Alfonso (Toukouleur Orchestra, Le Petit Bal de Poche) en poupe, libre et changeant, et la voix d'Elsa Birgé (Söta Sälta, Chroniques de Résistance de Tony Hymas) en proue, souple et envoûtante, le navire n'a jamais cessé ses courtes Escales qui garnissent autant la cale que l'imaginaire. Ainsi, faisons voile vers des terres où le classique de Tino Rossi (« Parlami d'Amore Mariù ») prend des airs de petit diamant baroque et où « Plainte » de Kosma assombrit quelques temps un ciel bleu insolent. Cette chanson tirée d'un opéra historique sur la commune qu'Elsa Birgé chantait enfant est une des destinations imprévues, tout comme « Chanson d'Hélène », petite douceur obsessionnelle. Oubliez tout système de navigation, perfectionné ou non. La dérive est en pilotage automatique et chaque étape est un plaisir !

Révélation 2019

L’ensemble I Gemelli
"Rasi, la Voce di Orfeo"

Emiliano GONZALEZ - TORO, ténor et direction

Thomas DUNFORD, luth

Louise PIERRARD, viole de gambe

Marie-Domitille MUREZ, harpe double

Après avoir chanté, durant plus de quinze ans, la musique du Seicento et celle de Monteverdi en particulier avec les plus grands spécialistes de cette époque si importante dans l'histoire de la musique, Emiliano Gonzalez Toro fonde son propre ensemble, entouré de collègues choisis pour un répertoire qu'il affectionne particulièrement. C'est ainsi qu'est né I Gemelli, formation spécialisée dans la musique vocale du XVIIe siècle. L'ensemble a pour vocation aussi bien de défendre les grands chefs- d'œuvre du Seicento que de révéler aux mélomanes les mille et un trésors encore inconnus de cette même époque. Les effectifs d’I Gemelli s'adaptent aux exigences spécifiques de chaque ouvrage, avec le souci constant de traduire fidèlement les sentiments contenus, avec aussi l'éventail de couleurs sonores la plus vaste pour rendre justice aux fulgurances des grands génies abordés. L’ensemble joue sur instruments anciens avec les plus grands spécialistes vocaux et instrumentaux, tous en carrière internationale. Historiquement informé, il collabore étroitement avec des universitaires et des musicologues pour la conception et l’élaboration de chaque programme. Les artistes invités sont issus de la nouvelle génération de chanteurs et musiciens, tels que les mezzos Lea Desandre (Victoire de la Musique) et Eva Zaïcik (Victoire de la Musique, lauréate des concours Voix Nouvelles et Reine Elisabeth), le claveciniste Jean Rondeau (Victoire de la Musique), le luthiste Thomas Dunford, ou sont des talents confirmés, voire incontournables de la scène internationale : le contre-ténor Philippe Jaroussky, le ténor Mathias Vidal, la basse Jérôme Varnier, la claveciniste Violaine Cochard...L’ensemble i Gemelli a signé l’enregistrement de ses premiers albums chez Naïve. Fascinante légende que celle de Francesco Rasi ! Le créateur du rôle-titre de l’Orfeo de Monteverdi ne fut pas seulement un chanteur virtuose, adulé du monde musical en ce début du 17è siècle. C’était un musicien accompli, capable de s’accompagner lui-même au chitarrone et au clavecin, un compositeur reconnu et un poète. Mais Rasi était avant tout gentilhomme, et de bonne maison. Sa carrière musicale ne fut pas motivée par le souci de gagner sa vie, car un aristocrate ne mendie pas les faveurs d’un mécène. Il fut au contraire pris dans l’effervescence de création qui vit naître ce qu’on appelle aujourd’hui le « baroque ». Côtoyant Monteverdi, Caccini, Gagliano ainsi que les plus grands chanteurs de son temps, il fut l’interprète majeur de l’invention de l’opéra, tout en participant pleinement, comme librettiste et compositeur, à cette naissance collective. D’un point de vue vocal, les musiques composées à son attention montrent une personnalité tout aussi hors-norme. Sa qualité la plus évidente fut sans doute sa virtuosité, héritière des Caccini et Luzzaschi. L’air « possente spirto » de l’Orfeo, pierre de touche de l’opéra, est le sommet du genre du premier baroque. Mais il ne faut pas oublier la longue lamentation du 5è acte (« questi i campi di Tracia ») réclamant une puissance tragique de premier plan, alors que le reste du rôle se réclame plus du registre pastoral. Dans ses propres compositions, Rasi montre, en vrai poète, une attention particulière au texte, une utilisation délicate des affetti et un art consommé de la diminution. Fêté, adulé, et quoiqu’ayant été au service des Médicis et des Gonzague il n’eut jamais de maître. Encore moins de morale... Ce « prince noir », à l’instar de Gesualdo, ne recula pas devant les crimes les plus ignobles. Ses mœurs atroces, à côté de ses rôles de bergers mythologiques et la beauté de sa propre musique montrent un contraste saisissant, que n’auraient pas renié Byron ou les poètes maudits. Ce programme, en reprenant les œuvres composées pour et par Francesco Rasi, tente de définir les contours d’une personnalité hors du commun, par son talent, sa propre vie, etpar sa place dans la naissance de la musique moderne.

Théâtre Max Jacob
DIMANCHE 11 AOÛT • 20h45
"La Voce Di Orfeo

2019


PROGRAMME

 

O che feliche giorno (F.Rasi)
Indarno Febo (F.Rasi)
Filli Mia (F.Rasi)
La Mantovana (G.Cenci)
Lascatemi qui solo (F.Caccini)
Un di soletto (J.Peri)

Gagliarda del principe di venosa pour harpe seule (C.Gesualdo)
Lamento d'Apollo (M. Da Gagliano)
Amarilli (G.Caccini)
Toccata Kapsberger pour luth solo
Cara mia cetra (S. D’india)
Ardo ma non ardisco (F.Rasi)

Canario pour luth seul
Amico hai Vinto (S.D’india)
Quel sguardo Sdegnosetto (C.Monteverdi)
Suave Melodia pour Harpe et Viole da gamba (A.Falconieri)
Dalla porta d’oriente (G.Caccini)
E viver e morire (A.Falconieri)